A journey with the Association for the Study of Peak Oil and gas, ASPO France, Patrick Brocorens, 04 mars 2025
Ce document retrace brièvement l’histoire d’ASPO France et les objectifs de l’association.
Les études de pic pétrolier ont été initiées par M. K. Hubbert dans les années 1950s pour la production de pétrole conventionnelle des 48 états contigus des USA. Les prévisions furent confirmées, avec un pic en 1970, suivi d’une décroissance continue de la production. Cette étude ne prenait pas en compte les extensions géographiques (l’Alaska et la production deep offshore) et géologiques (les pétroles de roche mère) qui vinrent par la suite, mais la méthodologie de Hubbert fut suffisamment convaincante pour être reprise et développée par les géologues Jean Laherrère et Colin Campbell dans les années 1990s. Leur prévision d’un pic imminent pour la production de pétrole brut conventionnel mondial (voir leur article phare ‘’The end of cheap oil’’ dans la revue Scientific American en 1998), attira l’attention de l’Agence International de L’Energie (AIE), qui présenta à son tour trois scénarios de pic de production vers 2010-2020 dans son rapport annuel World Energy Outlook 1998. Par la suite, l’AIE laissa tomber la méthodologie de Hubbert et revint à présenter des scénarios optimistes. En réaction, Campbell fonda l’ASPO en 2000, un réseau international d’experts étudiant les évolutions des productions et réserves d’huile et de gaz. Avec le recul, les travaux de Laherrère et Colin furent visionnaires puisque la production de pétrole brut conventionnel a bel et bien atteint son pic, vers 2004. La flambée des prix du brut qui s’en est suivie perça la bulle immobilière américaine, entraînant la crise financière de 2008. Cependant, en 2014, les prix du pétrole s’effondraient. L’arrivée du pétrole de roche mère américain ouvrait une décennie de prix bas, éteignant les débuts de prise de conscience que l’ère du pétrole bon marché n’allait pas durer éternellement.
En 2006, Jean Laherrère fonda ASPO France, association qui a pour but d’informer sur les ressources en pétrole et gaz et leurs incertitudes (par exemple les différences d’estimation des réserves 1P et 2P), d’expliquer la réalité de la déplétion, et d’étudier la déplétion, notamment prévoir la production future. Pour prévoir la production future, il est possible de suivre soit une approche bottom-up, champ par champ, par région et par nature de fluides, intégrant les productions des gisements en exploitation, ceux découverts mais pas encore exploités, et ceux à découvrir, soit une approche macro basée sur la courbe de production globale. Dans l’approche macro, une fonction logistique est utilisée comme modèle et l’estimation des valeurs ultimes sont estimées par linéarisation de Hubbert. L’Arabie Saoudite est un exemple marquant de ces différences d’évaluation. L’association étudie toutes les ressources énergétiques et est associée à de nombreuses publications de ses experts en lien avec l’énergie.
Laisser un commentaire